Obtenir un rendu impeccable en imprimerie nécessite le respect de quelques points souvent mis de côtés lors de la phase de « création ». Fond perdu, marges de sécurité, colorimétrie, taux d’encrage, format d’impression… Autant de notions qui peuvent sembler incompréhensibles et sur lesquelles nous allons nous pencher au travers d’exemples concrets.

Avant toute chose, il est bon de se rappeler que la PAO (publication assistée par ordinateur) existe environ depuis 1984, date à laquelle les premiers ordinateurs personnels ont fait leur apparition. En parallèle, les techniques d’impression ont quant à elles subit de profondes mutations : beaucoup d’étapes manuelles ont été automatisées, les outils numérisés… Aujourd’hui, cet environnement tend a se stabiliser et les techniques d’impression s’uniformisent pour le bonheur de tous. Parmi les plus répandues, on retrouve l’impression « offset » qui couvrent la majorité des supports d’imprimerie. Nous nous en servirons donc comme fil conducteur dans ce sujet.

Attaquons !

1-Bien choisir son format et sa résolution de fichier :

Avant tout, choisissez le format adéquat : A6 (10*15cm), A5 (15*21cm), A4 ( 21*29,7cm), A3 (29,7*42cm), A2(40*60cm)….Le format A6 est plutôt utilisé pour des flyers/prospectus alors que le A2 pour des posters/affiches. Quant à la résolution, optez pour 300dpi (pour information les images que vous visionnez sur Internet sont en règle général à 72dpi, attention donc lors de leur insertion dans vos compositions car celles-ci seront « pixellisées » ou floues lors de l’impression). En revanche, au-delà du format A3, vous pouvez commencer à diminuer en résolution car on estime que ces supports sont destinées à être vus de plus loin et ne nécessitent donc pas autant de finesse de détails. Vous remarquerez a ce titre qu’en vous approchant des panneaux 4*3m qui arpentent nos villes, la résolution est bien moins grande, environ 40 dpi. Pour plus de facilité, les imprimeurs mettent a disposition des gabarits prêt à l’emploi.

2-Ne pas omettre le fond perdu et les marges de sécurité :

Le fond perdu est le fait de faire continuer votre visuel au delà du format final du document pour qu’a la coupe le document garde sa mise en page. Concrètement, si vous souhaitez une carte de visite 85x55mm, vous devrez donc créer un fichier de 95mm par 64mm (85mm + 5mm de fond perdu de chaque coté, idem pour le coté adjacent).

Vous devez également tenir compte d’une marge de sécurité (3mm en règle générale) pour éviter les soucis en cas de décalage à la coupe : il ne faut pas insérer de texte trop près du bord sous peine de voir celui-ci en partie coupé sur le document final

Voici un exemple visuel :

Plus de détails ici

 

3-Vérifiez le mode colorimétrique :

A la différence des écrans d’ordinateurs étalonnés sur des profils RVB (Rouge Vert Bleu), l’imprimerie utilise des profils colorimétriques CMJN (Cyan, Magenta, Jaune, Noir) appelé également « quadri ». Il faut donc veiller à utiliser le bon mode (CMJN) lors de vos créations sur les logiciels appropriés sous peine de voir le rendu final totalement affecté.

Dans l’exemple ci-dessous, on peut remarquer le décalage de contraste entre la photo de gauche en RVB et celle de droite en CMJN.

Source : wikipedia
« La quadrichromie est un moyen commode de reproduire un grand nombre de couleurs, mais il est très difficile de reproduire avec cette technique certaines couleurs vives. L’exemple ci-dessus montre que, même si le résultat obtenu est satisfaisant, certaines couleurs s’affaiblissent entre leur représentation naturelle en RVB à gauche et leur représentation quadri à droite »

 

4-Vérifiez le taux d’encrage :

Cette manipulation consiste à vérifier que tous les éléments de couleur noire dans votre document n’excède pas 300% sur la combinaison C M J N (somme des pourcentages de chacune des 4 encres). Au delà, il y a un risque de sur-encrage et la création d’un macule (trop plein) de couleur qui rendra alors les détails moins nets et créera des « auréoles » sur les aplats sur-encrés mais aussi des phénomènes de report : le support ne pouvant pas sécher correctement car le papier est surchargé, l’encre risque donc de « déteindre » pendant l’impression sur les planches de papier qui s’empilent les unes sur les autres.

Sur Adobe Photoshop, il suffit de balader sa pipette sur le visuel et d’observer le résultat dans le panneau d’informations en parallèle. Sur l’exemple ci-dessous, notre taux d’encrage des noirs est de 289% ce qui est correct.

 

5-Préparer son fichier pour l’impression :

Il ne vous reste plus qu’a préparer le fichier d’export pour l’impression. Voici les formats à privilégier :

  • Format .eps pour les fichiers créés sous Illustrator en vectorisant au préalable tout les textes et en incorporant les images (et non les lier)
  • Format .pdf :
  1. Soit en aplatissant tous vos calques pour les fichiers créés avec Photoshop et en enregistrant avec une qualité .jpg maxi à 12.
  2. Soit avec des éléments vectoriels à l’intérieur pour les fichiers créés avec Illustrator ou Indesign en vectorisant au préalable tout les textes et en incorporant les images (et non les lier)

Maintenant que vous êtes prêt, lancez-vous !